Democratie Moribonde

la democratie a' L'AGONIE

 

Quand la dictature avance masquée

Version du
13/12/25

MANIFESTE POUR UNE RESISTANCE NOUVELLE (partie première)
 

 

 

 

 

MANIFESTE POUR UNE RESISTANCE NOUVELLE (partie première)

A’ mon père Tommaso, membre de la résistance italienne fusillé par les allemands le 13 septembre 1943.

« Rien au monde peut empêcher à l’homme de se sentir né pour la liberté
(simone weill)

Introduction
Je résume le triste spectacle De la chute du gouvernement BAYROU en France le 8 septembre
2025 :
BAYROU , faisant partie du clan oligarchique qui gère la France et coresponsable depuis plus de dix ans, du
désastre financier de l’Etat (3400 milliards d’€ de dette public) pose au parlementaires son chantage : ou
moi ou le chaos.
Comme résultat il obtient censure et chaos ! Tous les ainsi qualifiés représentants du peuple dans la
personne des principales chefs des partis politiques (PS -LFI – FN - LR-VERTS) répondent ni toi, ni le
chaos car « Moi Président »..... On connait la chanson de François HOLLANDE. Tous les intervenants
principales, dans la déclaration de vote, font un discours de campagne électorale en vue des prochaines
élection présidentielles de 2027. C’est la course au pouvoir qui commence et non un débat parlementaire
comme prévu par la Constitution! résultat de celle qu’on pourrait se definir « Commedie de l’Art politique :
CENSURE !
Le président Macron qui commande le bateau France avec seulement 17% des français avec
une opinion favorable à sa politique , persévére dans l’erreur commise avec la dissolution du
Parlement décidée en 2022 sans consulter personne et nomme un nouveau amis du clan

oligarque comme Président du Conseil. Le gouvernement LECORNU naisse. La confiance en
lui, cette disposition d’âme que Rosanvallon appelle « une des institutions invisibles » qui
rendent légitime le pouvoir d’un élu, se rarifie . LECORNOU est censuré immédiatement et
reconduit. C’est un dernier espoir (mais qui fait présager la confusion politique en Parlement)
pour Macron dont son unique objectif semble être de terminer la législature ou selon certains
analystes politiques celui d’organiser la guerre EUROPE/URSS ; en effet l’unique possibilité de
garder son pouvoir est de déclarer un état de guerre.
LA DEMOCRATIE MUTILEE
Dans l’univers politique local, national et mondial des démocraties occidentales ainsi dites
« avancées » on découvre depuis longtemps une caractéristique constante représentée par
l’abstentionnisme. C’est-à-dire le refus de voter pour qui que ce soit. Cette abstention tend à se
stabiliser aux alentours du 50% du corp électoral. Dans l’Union Européenne le taux de
participation atteignit à peine 43% en 2009 (source CEVIPOF 12/2010) Il dépassait 60% en
1979.
Son sondage de janvier 2014 sur le fonctionnement de la démocratie en France donnait à la
réponse « BIEN » 30%, « PAS TRËS BIEN » 69% !
Pour changer notre système social il faut le connaître. Sa complexité est telle qu’elle nous oblige
à le décomposer. Nous pouvons analyser cette réalité du points de vue différents : économique,
culturel, religieux, sociologique ou politique.
Bien que nous constatons que ce n’est pas le pouvoir politique celui qui dirige les nations mais le
pouvoir économique-financier qui détermine les choix politiques et que le politique est impuissant
parce qu’il n’assume pas les responsabilités qui lui ont demandé les citoyens (peuple robotisé
en masse, qui ne peut qu’exprimer, même dans les urnes, la pensée unique qui le pousse à
réclamer une dictature capable de le défendre et le conforter dans l’état de robot obéissant).
Malgré cette évidence, nous limiterons quand même notre analyse à l’aspect politique de notre
système car il nous semble encore le plus important et le plus déterminant en vue d’un possible
changement de régime si le mouvement pour une nouvelle Assemblée Constituante prendra un
jour de l’ampleur.
Etienne Chouard, initiateur du mouvement pour une nouvelle Constitution pour la France
écrivait : « Quand j’étudie les raisons de notre faiblesse par rapport aux abus de pouvoir, j’abouti
à tout les coups à la même chose : la Constitution. Dans tous les pays du monde et à toutes les
époques, ce sont les hommes au pouvoir qui dictent les règles du pouvoir, même si ces règles
sont désormais souvant votées par les peuples, ce qui montre au passage qu’il est assez facile
de convaincre le peuple d’accepter lui-même sa propre impuissance. Cest le grand paradoxe
des Constitutions : Originellement pensées comme le moyen de protéger les citoyens contre les
abus du pouvoir, elles donnent aujourd’hui une legitimité aux abus du pouvoir ! » Il faut selon lui
séparer le pouvoir constituant du pouvoir constitué. C’est là que le tirage au sort (on le verra
ensuite) s’impose comme possible solution.
Une tentative de compréhension de l’abstension
1 -Les politiques impuissants A partir des années 1970 les responsables politiques ne sont plus
capables à faire face à une crise socio-économique majeure. Des problèmes sociaux ne trouvent
pas des solutions satisfaisantes. Partout masse des salariés sont précarisé ; augmentation des
inégalités, chomeurs en masse et travailleurs pauvres commencent à ne pas croire plus dans la
capacité des partis politiques à résoudre leurs problèmes. La crise 2008-2009 a rendu ces
problèmes encore plus aigus et l’Etat Providence est mis en cause par le progrès de la
mondialisation économique, par l’absence d’Europe sociale et par les politiques néolibérales qui
profitent aux intérêts des classes sociales privilégiés. L’inutilité du vote commence à s’installer

dans la population qui l’exprimera dans le referendum sur la CONSTITUTION EUROPEENNE
en 2005 et confirmera avec le BREXIT et le mouvement des Gilets Jaunes
2 -Le décrochage politique des classes populaires
La classe ouvrière a subi l’impuissance des responsables politiques à assurer une défense
efficace de ses intérêts matériels. Les responsables politiques de droite et de gauche ont préferé
la conquête des classes moyenne, plus inclines à voter.
3 -L’énorme responsabilité de la gauche :
A partir de 1983 avec Mitterrand elle s’est adaptée bêtement aux règles du capitalisme financier
sans aucune analyse critique en assumant les critères comptables comme unique fondement

pour le fonctionnement de l’Etat. Les théories du nouveau management public conçu outre-
atlantique dans les années 1970, ont surtout servi à introduire en France et ailleurs des critères

marchands dans l’action publique légitimant les privatisations et réduisant les services publics
comme peau de chagrin. Les usagers sont devenus des clients et fortement pénalisés.

Mais qui a peur au juste de l’abstension ? Et pourquoi ?

Patrick Mignard écrit sur la toile le 30/11/2015 « La participation aux élection n’est pas, contrairement à ce
que l’on nous raconte, une manière de faire participer les citoyens aux décisions politiques et aux affaires
publiques ; elle est simplement une manière de déléguer des pouvoirs à des [A1][A2]hommes et femmes
désignés par des appareils politiques pour détenir, user et conserver le pouvoir. Les partis politiques sont
devenus de simples syndicats d’intérêts permettant la promotion sociale de leurs dirigeants. Les
programmes et objectif politiques sont des papiers démagogiques ; programmes et objectifs de fait
inexistants. Ces partis se contentent de gérer un système économique où seul l’intérêt financier des
grands groupes industriels est pris en considération au mépris de l’intérêt général.
Que les politiciens tiennent à ce que les citoyens votent , on peut le comprendre, il va de leurs
survie et de leurs intérêts. Les discours pseudo civique des politiciens nous culpabilisent pour
nous faire voter : la démocratie, celles et ceux qui sont mort pour elle, l’avenir pour nos enfants,
de la planète, etc. etc. En réalité ils se moquent pas mal de tout ça. Il suffit de voir ce qu’ils font,
une fois au pouvoir. Si à une époque lointaine – au debout de la République (encore que !...) le
fait de déléguer à des représentants pouvait avoir une signification réelle, deux siècles de ce
fonctionnement nous ont conduit à la catastrophe : guerres, génocides, répression, exploitation,
destruction des conquêtes sociales, des services publics, échec de l’intégration républicaine,
avec en bout de course ce qui ‘nous pende au nez ».... L’arrivée d’un néofascisme au pouvoir.
L’abstension n’est que le produit d’une désespérance face à la cupidité, la trahison et la
corruption d’une classe politique qui ne s’intéresse qu’à ses propres intérêts. Aujourd’hui, de plus
en plus de citoyens font le raisonnement suivant : « A quoi bon voter pour , finalement, toujours
les mêmes ou leurs clones. Les problèmes ne seront pas résolus . Voter pour ces gens par peur
du néofascisme ne règle rien, ne résout rien car c’est reporter à plus tard la même question.
Voter c’est finalement se soumettre. On ne vote plus pour quelque chose, mais contre
quelqu’un : la démocratie ne peut pas fonctionner ainsi.
UNE DEMOCRATIE EN PANNE . Signe d’une crise profonde.
Abstension massive, désinterêt croissant à la politique, méfiance envers les institutions. Elle
semble ne plus répondre aux atteintes des citoyens.
En 1945, l’humanité sortait du gouffre. Les camps nazis, les purges staliniennes, la bombe
atomique et la terreur totale avaient révélé jusq’où la barbarie pouvait mener; En réponse
l’Europe et l’Occident ont fait un choix historique : celui de la démocratie. Pendant plusieures
décennies, ce régime a porté l’espoir de sociétés libres, guidées par la souveraineté populaires

et le respect des des droits humains. L’heritage de 1945, avec La promesse démocratique était
constitué. Après la guerre trois piliers portaient la démocratie occidentale : La souveraineté
populaire incarné par le suffrage universel. Les droits fondamentaux proclamés dans la
Déclaration Universelle des droits de l’homme (1948) et un un compromis social garanti par
l’Etat-Providence. Ce projet , cette promesse qui devait garantir la paix, la liberté et la dignité
humaine, visait à éviter le retour des horreurs totalitaires, comme le rappelle Hanna Arendt en
1951 dans « Les origines du totalitarisme » « la démocratie devait empêcher que la peur,
l’idéologie et l’atomisation sociale ne recréent les conditions des régimes despotiques » Mais
dès les années 1970 force est de constater que cette démocratie n’existe plus. Elle a été
lentement vidée de sa substance, remplacée par une autre forme de régime. Une dictature mais
d’un genre inédit : douce, subtile, presque invisible. Chez nous elle ne tue pas dans le camps,
elle ne brise pas les os dans les caves, elle ne laisse pas mourir de faim ou sous les
bombardements les enfants pendant qu’ailleur, non loin de nous comme à Gaza, le « plus jamais
cela » de 1945 (cette croyance partagée) est devenu de nos jours monstrueusament « encore
pire que cela » Anna Frank se retourne dans sa tombe. Encore pire que « homo hominis
lupus ». La civilisation et l’humanité sont en train d’exploser.
Chez nous ou à TEL A VIV pays de démocraties ainsi dites avancées, ce nouvel type de
dictature seduit, manipule, endort. Elle transforme les citoyens en consommateurs dociles,
persuadés d’être libres alors qu’il sont enchaînés par l’illusion. Vidé lentament de leurs
spiritualité.
La monté du néolibéralisme, de la financiarisation et la concentration des medias ont fragilisé
cet heritage. D’après Hanna Arendt en 1970 : « Le mensonge constant en politique n’a pas pour
but de tromper le peuple mais de l’épuiser, de le priver de toute foi dans la vérité. Quand la
frontière entre le vrai et le faux s’efface, le jugement s’effondre, le bien et le mal se confondent et
le citoyen cesse de penser par lui-même. Alors, un peuple sans repères devient malléable,
docile, prêt à accepter tout pouvoir, toute violence, pourvu qu’on lui épargne la peine de
discerner. Voilà le but du mensonge : non pas convaincre mais désarmer l’esprit. Et face à ce
mensonge organisé, la résistance commence par un acte simple et radical : dire la vérité.’ »
La démocratie héritée de 1945 a perdu sa substance. Pendant la guerre froide ce model s’est
consolidé en opposition aux régimes autoritaires. La démocratie telle qu’on la concevait, était
synonyme de pluralisme, d’élection libres, de liberté de la presse et de respect des droits
fondamentaux. Elle semblait être l’aboutissement naturel de l’histoire politique. Après la chute du
mur de Berlin en 1989 L’intellectuel américain Francis Fukuyama pouvait même parler de « fin
de l’histoire ». La démocratie trionphante semblait vouée à durer pour toujours.
Mais ce rêve c’est éteint sans bruit. La démocratie telle que nous l’avons heritée en 45 n’existe
plus. Elle a été absorbée, transformée, remplacée par une nouvelle forme de régime : une
dictature douce. Derrière cette façade d’universalité les germes de sa fragilité étaient déjà
presents : dépendance au marché, Concentration des pouvoirs économiques, usage croissant
de la propagande. Dès les années 1970 des fissures sont apparues :
1 la montée en puissance des multinationales et des marchés financiers (crise pétrolière,
dérégulation des années 80)
2 L’emprise croissante des médias sur la vie politique
La démocratie de 1945 a donc été remplacée par une nouvelle forme de régime : une dictature
douce. Pas la brutalité de Hitler, Staline, Franco ou Pol Pot, mais un système qui séduit au lieu
d’opprimer, qui endort au lieu de terroriser.
L’élimination physique n’est plus nécessaire, elle a été remplacée par une sorte d’impuissance
physique à laquelle s’ajoute une diminution des facultés spirituelles. Une dictature somnifère
alimentée par la TV . Karl POPPER en 1994 écrivait « La télévision est un danger pour la
démocratie. Tous ce qui feront de la télévision devrons, volens nolens, prendre conscience
qu’ils ont tous un rôle d’éducateur du seul fait que la TV est regardée par des enfants et des
adolescents » Au contraire violence , sexe, le sensationnel. Recettes sures, toujours aptes à
séduire le public et à faire prospérer le désengagement et l’indifférence à la politique et à

quelconque activité spirituelle Déjà en 1968 sur les murs de la Sorbonne on pouvait lire « TV :
l’intox vient à domicile » En 2004 Patrick Le Lay, PDG de TF1 affirme : « il y a beaucoup de
façons de parler de télévision. Mais dans une perspective business, soyons réalistes : à la base,
le metier de TF1 c’est d’aider Coca Cola, par exemple, à vendre son produit. Or nos émissions
ont pour vocation de rendre disponibles les téléspectateurs : c’est-à-dire de les divertir, de les
détendre pour les préparer, entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca Cola c’est du
temps du cerveau humain disponible ». C’est aussi la fabrique du consensus au sistème que Le
Lay & compagnie construisent.

Les vrais decideurs
Qui sont les vrais décideurs de nos vies ? En 1928 Edward BERNAYS dans « Propagande »
sous-titré « comment manipuler l’opinion en démocratie » analyse les mécanismes de la fabrique
du consentement. La première phrase de son livre programmatique, qui se trouvait sur la table
de chevet de GOEBBELS, (on la cite) « La manipulation consciente, intelligente, des opinions et
des habitudes organisée des masses joue un rôle important dans une société démocratique.
Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui
dirige véritablement un pays » Nous sommes pour une large part gouvernés par des hommes
dont nous ignorons tout, qui modèlent nos esprit, forgent nos goûts, nous soufflent nos idées.
Cette infime minorité qui gouverne les masses se sert des partis politiques qui surgissent en
même temps que la démocratie et qui s’associent aux medias dans le dessein « d’organiser le
chaos » selon l’expression de Bernays. A ce sujet Michel ONFRAY écrit « Il faut pour les forts (la
monarchie féodale, réuni mais vaincu, annuler ce que les faibles rassemblés et vainqueur ont
pourtant obtenu : la souveraneité populaire. Ce texte de Bernays du 1928 ne cesse d’être
d’actualité. Les vrais décideurs sont les amis de l’actuel et des precédents monarques
déguisés en Présidents de la République. Ceux qui ne se voient pas trop, ne s’exposent pas car
la plus part se mimétise, mais gouverne.
Après le 8 septembre 2025 en lisant Dahrendorf « Après la démocratie » 2001 et Toqueville
dans « De la démocratie en Amérique » (Deuxième partie écrite en 1840) on a eu une
confirmation : On vive dans une dictature masquée de type différent de celles traditionnelles, qui
s’étende comme une tache d’huile dans le monde.
En 1945 , pour la première fois dans l’histoire de l’humanité il y a une forme d’Etat dominante, la
moderne république constitutionnelle et représentative.
En 2011 le journaliste Antonio Polito, envoyé du journal italien La Repubblica à interviuver Ralf
Dahrendorf directeur de la prestigieuse London Scool of Economics, écrivait : « Après deux
siècles (1800 et 1900) de service honorable la démocratie de l’année 2000 semble paralisée en
Europe, chevauchée par la globalisation, écrasée par le marketing politicien, embourbée entre
anarchie de la place et apathie électorale »
Il posait à Dahrendorf la question : Où est finie la démocratie ? Le sociologue repondit : »
Nous sommes en train d’assister au fait que le type de démocratie que beaucoup de gens
imaginait en 1989 (chute du mur de Berlin) a rencontré des graves et profondes difficultés. Il
semble que même les élections ne sont plus en mesure de donner des réponses satisfaisantes
et durables. Nous sommes entrés dans une phase qu’on pourrait définir « l’après démocratie »
2011 !!
Comment construire une « nouvelle démocratie » après la mort de celle que nous
connaissions ? Quand les régimes communistes de l’Europe de l’Est s’effondrèrent l’un après
l’autre à commencer de 1989, il semblait que la démocratie libérale, qui avait vaincu la bataille,
trionphait pour toujours. Fukuyama peut proclamer « la fin de l’histoire »...mais ce rêve s’est
éteint silencieusement. Quelque décennie après, beucoups n’ont été plus aussi certains. Le
pouvoir réel d’autogouvernement du Parlement est devenu évidemment toujours moindre, non
toujours plus, dans le mains du peuple, du « demos ». Le processus de décisions est toujours

plus reculé et quelque fois mystérieux. Qu’est devenu notre système que nombreux continuent à
définir démocratique ?
Le râlement de la démocratie a été silencieux contrairement aux dictatures classiques, cette
mort n’est pas faite par la violence. Elle est survenue à bas bruit par :
LE CONTRÖLE TECHNOLOGIQUE
Shostana ZUBOFF dans « L’Äge du capitalisme de surveillance (2019) décrit comment les
grandes plateformes exploitent nos comportements pour les prévoirs et les orienter. Nous ne
sommes plus seulement surveilles : nous somme transformés en matière première. La
différence avec Big Brother n’est pas de nature mais de méthode. G. Orwell dans 1984, décrivait
un pouvoir imposant sa verité par la terreur. Aujourd’hui c’est la séduction que s’impose. La
dictature douce : la collecte volontaire des données, l’addiction aux écrans, l’illusion de la liberté
numerique.
LA CONFISCATION DU POLITIQUE
Le pouvoir n’est plus dans le mains des élus mais dans celles des marchés et des
multinationales.
La Boetie, dès le xvi siècle l’avait formulé dans son « Discours sur la servitude volontaire »

LA TRANSFORMATION DU CITOYEN
On ne lui demande plus de penser, de débattre, de décider. On l’incite à consommer, à se
distraire, à « liker ». On a remplacé l’engagement par la passivité.
Guy Debord, dans « la société du spectacle » (1967) avait préssenti la derive : le réel est
remplacé par sa représentation, et la participation politique devient un divertissement.
Aujourd’hui les campagnes électorales ressemblent à des shows médiatiques, et les réseaux
sociaux transforment l’indignation en simple performance visible, aussitôt oublié.
Ainsi se construit la dictature douce : pas de censure brutale mais filtrage algoritmique ; pas de
prison politique mais une auto-surveillance permanente intégré par chacun. Pas de brutalité
apparente mais une dépossession radicale de la personne.
UNE DICTATURE DOUCE MAIS REELLE
Beaucoup réfusent de parler de dictature, puisque nous pouvons voyager, voter, publier. Mais il
faut régarder au-delà de l’apparence.
Le vote n’est plus choix véritable, mai simple sélection dans un cadre vérrouillé.
La parole publique n’est plus libre, mais conditionnée par des plateformes privées qui définissent
leurs propres règles.
La liberté de mouvement peut être suspendue du jour au landemain comme on l’a vu lors des
confinements (covid) souvent sans débat démocratique.
La nouveauté est que cette domination ne s’impose pas par la force. Elle s’appuie sur ce que
Aldous Huxley décrivait dans « Les meilleur des mondes » (1932) ; une société où la servitude
est acceptée car elle est agréable, ou les individus sont « conditionnés’ à aimer leur chaîne. La
servitude peut s’obtenir non pas par la douleur, mais par le plaisir.
Ce que Hanna Arendt appelait « la banalité du mal » se manifeste ici autrement : non plus dans
l’obéissance aveugle au tyran, mais dans la résignation confortable du citoyen qui renonce à
exercer la liberté.
La confirmation qu’on vive dans un nouvel type de dictature nous est venu en rélisant la géniale
intuition prophétique de TOQUEVILLE (De la démocratie en Amérique 2

ème tome. Alexis
Toqueville l’avait pressenti dès le xix siècle ; la démocratie moderne pouvait engendrer une

« tyrannie douce » ou les citoyens semblables à des enfants, renoncent à leur liberté au profit
d’un Etat tutelaire. Une dictature qui ne frappe pas par la terreur mais par l’assouplissement.
Nous y sommes. Elle n’a pas besoin de camps de concentration, elle a les écrans, les flux
d’informations, la dopamine numérique. On reporte intégralement sa pensée :
« Je pense que l’espèce d’oppression dont les peuples démocratiques sont menacés ne
ressemblera à rien de ce qui l’a précédé dans le monde ; nos contemporains ne sauraient en
trouver l’image dans leurs souvenirs. Je cherche en vain moi-meme une expression qui
reproduise exactement l’idée que je m’en forme et la renferme ; les anciens mots de
despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc de tâcher
de la definir, puisque je ne peut la nommer.
Je veux imaginer sur quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je
vois une foule innombrable d’hommes (ce qui voyait aussi Ortega y Gasset dans « la rébellion
des masses ») semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-même pour se procurer des
petits et vulgaires plaisirs, dont il emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme
un étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui
toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il le
touche et ne le sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une
famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.
Au-dessous de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, (la République ?) qui se charge
seul d’assurer leur juissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant
et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle (l’Etat assistanciel) si, comme elle, il avait
comme objet de préparer les hommes à l’âge viril ; (abandon de la fonction éducative de l’Etat),
mais il ne cherche, au contraire, [A3]qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que
les citoyens se réjuissent, pourvu qu’il ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur
bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre (panem et circenses) Il pourvoit à
leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales
affaires, dirige leurs industries, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il
retirer entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?
C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre (l’esprit
critique) ; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace et dérobe peu à peu à
chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à tout ces choses :
elle les a disposés à les souffrir, st souvent à les regarder comme un bienfait.
Après avoir ainsi pris tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa
guise, le souverain étend ses bras sur la société toute entière ; il en couvre la surface d’un
réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes (la burocratie), à travers
lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigureuses ne sauraient se faire jour
pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés mais il les amollit, les plies et les diriges ; il
force rarement d’agir mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse ; il ne détruit point, il
empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il
réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un trupeau d’animaux timides et industrieux dont le
gouvernement est le berger.
J’ai toujours cru que cette sorte de servitude, (comme Etienne de la Boetie en 1548 dans son
discours de La servitude volontaire qu’on cite : « C’est le peuple qui s’asservit, qui se coupe la
gorge, qui, ayant le choix d’être libre ou exclave, quitte la liberté et prend le joug ; qui consent à
son mal, ou plutôt le pourchasse ») ; cette servitude réglée, douce et paisible dont je vais faire le
tableau pourrait se combiner mieux qu’on ne l’imagine avec quelques-unes des formes
extérieures de la liberté, et qu’il ne lui serait pas impossible de s’établir à l’ombre même de la
souveraineté du peuple.
Chaque individu souffre qu’on l’attache par ce qu’il voit que ce n’est pas un homme ni une
classe, mais le peuple lui-même, qui tient le bout de la chaîne. Dans ce système, les citoyens
sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent. »

2
ème partie

VERS UNE NOUVELLE RESISTANCE

Voter n’est plus choisir, mais valider des options predéterminées, s’exprimer n’est plus un droit
absolu, mais une activité conditionnée par des plateformes et leurs règles. La dictature douce
ne se vive plus comme un choc, mais comme une anesthésie. Elle n’a pas besoin de camps car
nous construisons nous-même nos prisons intérieures, séduits par le confort et l’abondance.
Viviane Forrestier en 2000 dans « Une étrange dictature » en se référant à la mondialisation
appelle ainsi cette dictature (« étrange ») car elle garde des formes démocratiques (notre piège
et surtout notre chance). A son avis.
Et pourtant, cette forme produit le même résultat : la soumission. Une société d’esclaves
volontaires, comme l’avait pressenti La Boetie.
Face à ce régime inédit, la tentation pourrait être de répondre par la violence. Mais ce sera une
erreur. Ce type de dictature n’a pas besoin de chars pour écraser la révolte.
Elle a besoin seulement d’indifférence, et la violence lui sert de prétexte pour renforcer son
contrôle.
La résistance est possible, à condition de changer de stratégie !
Notre résistance doit être d’un autre ordre. Elle doit être culturelle, sociale, existancielle. Nous
pouvons réinventer la démocratie vivante, participative, et résistante aux manipulations.
DES NOUVELLES ARMES LEGERES

1 L’EDUCATION CRITIQUE : réapprendre à lire, à analiser, à douter, à penser par soi-même.
Refuser l’information prémâchée. (à ce sujet nous proposons la création de Cercles
Culturels Républicains de quartier)

2 L’AUTONOMIE : reconstruire des formes d’indépendance dans notre consommation,
notre travail, nos choix de vie.

3 LES COMMUNAUTES LOCALES : S’encrer dans le local. Récréer du collectif, du réel face
à l’isolement numérique.

4 PRATIQUER LA DESOBEISSANCE NON VIOLENTE : Civile et intelligente . A’ l’image de
Gandhi ou Martin Luther King pratiquer l’insoumission pacifique, inventer des formes
d’action qui exposent l’injustice sans recourir à la violence. Boycotts adéquats, grèves
ciblées, création de réseaux parallèles.
La véritable résistance est celle qui libère sans reproduire les logiques de domination.
Elle ne cherche pas la déstruction mais la création ( la réinvention) !
Le 9 septembre 2025 Marine Le Pen à la TV ( France Inter) parlait d’asfixie
démocratique au sujet de la chute du gouvernement Bayrou. Où trouver
L’oxigène nécessaire ? Les armes lourdes pour une nou velle résistance ?
Selon Maurice Duverger in « Les regimes politiques » il y a une distinction entre démocratie
politique qui donne le droit de vote et la démocratie sociale qui donne le droit à une vie
digne et à la participation sociale. La démocratie complète ne se réalisérait que par leur
conjonction. Il faut donc réfléchir plus que jamais aux conditions d’une révolution culturelle
qui fasse l’économie de la violence.
LES ARMES LOURDES QUE NOUS PROPOSONS :

1 LE TIRAGE AU SORT DES RESPONSABLES POLITIQUES .

2 LE PERMIS DE GESTION (PGA)
3 LA CONVOCATION D’UNE NOUVELLE ASSEMBLEE CONSTITUANTE

4 UNE NOUVELLE LOI ELECTORALE

LE TIRAGE AU SORT DES RESPONSABLES POLITIQUES .
Le tirage au sort est la désignation de citoyens à des fonctions publiques par le hasard plutôt
que par l’élection. Pratiqué par les démocraties antiques notamment par la cité d’Athène, ce
procédé incarne une conception radicale de la démocratie, fondée sur l’idée que tous les

citoyens sont capables de participer à la vie publique. A’ Athènes il visait à empêcher la
confiscation du pouvoir par une élite ou une oligarchie. donnant à chacun une chance égale
d’être choisi, il réalisait concrétement le principe d’isonomie, c’est-à-dire l’égalité de tous devant
le pouvoir politique. Dans cette perspective, le tirage au sort n’est pas une loterie absurde mais
une méthode de prevenir la domination : nul ne peut s’approprier le pouvoir, puisque celui-ci
est distribué aléatoirement et pour un temps limité. .
En 2007 Ségolène Royal, candidate aux élections présidentielle, avait proposé dans son
programme d’instituer un jury populaire tiré au sort pour évaluer les politiques publiques. Les
responsables politiques français s’indignèrent devant l’idée que leur action pourrait être évaluée
par ces jurys annonçant que la mise en place de jurys contribuerait à la disparition de la
politique et à l’affaiblissement des capacités de gouverner, au déclin du militantisme ou encore la
montée du populisme.
François Hollande dans sa campagne électorale précédent avait affirmé avec morgue : tout ce
qui sera fait aura été dit, tout ce qui se dit sera fait ! et son successeur a continué à dire et à
promettre.
Ce sont les promesses de ce type qu’ont fait augmenter le vitupéré « populisme » qui n’est rien
d’autre qu’ une rébellion justifiée à une mauvaise direction politique.
ANTECEDANTS HISTORIQUES du tirage au sort.
L’utilisation politique du tirage au sort remonte aux origines de la démocratie inventée par les
Grecs le v siècle avant notre ére et permet de comprendre mieux les expériences du présent. Il
est à noter que des procédures fondées sur le tirage au sort, comme le jury citoyen, ont
commencé à être réintroduites en politique dans certains pays occidentaux à partir des années
1970 (exemple canadien de la Colombie britannique, de l’Islande et de l’Allemagne)
Les jury citoyens évoqués par Ségolène Royal avaient soulevé des violentes réactions. Il vaut la
peine de diagnostiquer les causes d’un débat aussi virulent et analyser systématiquement des
expériences utilisant le tirage au sort en politique.
ATHENE On affirme que c’est là que la démocratie est inventée (au debout du Ve siècle av J. C.)
A l’époque de Solon et Démosthène , Athène pratiquait le tirage au sort des responsables
politiques. Il était au cœur du fonctionnement démocratique d’Athène.
Clisthène met en place un véritable (pour l’époque ) régime démocratique, bien que les
exclaves et les femmes n’en font pas partie. On voit la naissance des tribunaux et le Conseil
Démocratique au détriment du Conseil Aristocratique (l’Aeropage) ; il impose le principe de
«l’ isonomie » (l’égalité des citoyens, sauf les exclaves, devant la loi)
Athène invente la politique au sens d’une discussion publique ; elle refusa de professionnaliser
la politique la considérant comme une activité à laquelle chacun peut et doit participer. Thucidide
in « La guerre du Peloponnese », dans l’éloge funèbre des soldats tombés à Marathone
s’exprime en ce sens : « Nous sommes les seuls à penser qu’un homme ne s’occupant pas de
politique ne mérite de passer non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile. Nous ne
sommes pas de ceux qui pensent que les paroles nuisent à l’action. Nous estimons plutôt qu’il
est dangereux de passer aux actes avant que la discussion nous ait éclairés sur ce qu’il y a à
faire A l’époque la guerre était décidé par l’Assemblée du peuple (l’Ecclesia). Dans l’âge d’or de
Péricles discussion et tirage au sort étaient la règle.
Concretement à l’époque à Athène (environ 30.000 habitants) un CONSEIL DE 500 citoyens
(appelé la BOULE) tiré au sort représentait pratiquement « le gouvernement permanent » de la
ville . Il ne faisait pas partie de l’Ecclesia (assemblée de tous les citoyens) ; pratiquement
seulement quelque milliers y participaient.
Sa fonction était de préparer les travaux de l’Ecclesia. La Boulé fixait l’ordre du jour et décidait
quels sujets seraient soumis au vote de l’Assemblée du peuple. Elle supervisait les magistrats et

le fonctionnement administratif de la cité. Veillait à l’exécution des décisions prises par l’Ecclesia
laquelle décidait souverainement sur guerre, paix, lois, ostracisme, élection de certains
magistrat etc.
La Boulé ne décidait pas à sa place. Elle préparait et exécutait ses décisions.

LE TRIBUNAL DU PEUPLE était composé de 6000 citoyens âgés de plus de 30 ans. Ce tirage
au sort se faisait par tribus (il y en avait 10). Chaque tribu désignait 600 héliastes. Ce tirage était
réalisé à l’aide de la klérôtérion, une machine qui permettait un tirage équitable et aléatoire. Ces
6000 héliastes n’étaient pas réunis en même temps. On formait des sections de 200 à 500 juges
selon l’importance de l’affaire. Le jour de la condamnation à mort de Socrate l’Héliée était
composée d’environ 501 héliastes.
Ce tribunal jugeait les affaires publiques, administratives, financières et les affaires privés
(conflits entre citoyens)
Aucun juge professionnel. Tous étaient des citoyens ordinaires ! L’héliée n’était pas seulement
une institution judiciaire à côté de la Boulé et de l’Ecclesia.
Elle pouvez juger les magistrats en fin de mandat, contrôler les décisions de l’Ecclesia,
sanctionner les atteintes à la démocratie.

ROME REPUBBLICAINE
Le tirage au sort était moins central qu’à Athène. On l’utilisait pour les questions pratiques
comme l’attribution des provinces ou des sièges de sénateurs, mais pas pour les magistrats qui
étaient élus par vote.
L’élection des magistrats était un élément central du fonctionnement politique. Le système
reposait sur des élection populaires, mais il était fortement hiérarchisé et censitaire – c’est-à-dire
que le poids du vote dépendait de la richesse et du rang social.
CANTON SUISSE
Au moyen âge certains cantons pratiquaient une forme de tirage au sort pour désigner des
représentants communaux, dans l’esprit de participation directe des citoyens.
LES REPUBBLIQUES ITALIENNAS
Aux alentours de 1200 Florence (environ 50.000 habitants) et Venise (entre 80.000 et 100.000)
représentent les exemples le plus éclatants. Elles sont parmi les 5 ou 10 villes plus peuplées et
plus riches de l’Europe occidentale et ont recouru au tirage au sort pour repartir certaines
fonctions publiques.
A Florence à partir du 1300 le tirage au sort devient un élément constitutif des procédures
législatives et il reste en vigueur
Jusqu’à la chute de la République. La rotation des places de responsabilité, l’interdiction du
cumul des mandats et le fait de devoir obligatoirement rendre des comptes à la fin de chaque
mandat sont des similitudes frappantes avec le régime athènien.
A Venise « La Serenissime République de Venise », la plus longue république de l’histoire (du
697 à 1797 – elle durera jusqu’à la conquête napoléonienne (traité de Campoformio) Les
techniques utilisées pour le tirage au sort étaient différentes de celles des anciens grecs mais
dans tout les cas ou presque le tirage au sort était combiné avec d’autres modes de sélection.
L’objectif était de garantir l’équilibre entre les grandes familles et la stabilité politique.
Procédures qui dureront 11 siècles et qui méritent d’être étudiées pour l’adapter peut-être un jour
aux réalités contemporaines.

LA COURONNE D’ARAGON
A’ la fin du Moyen Âge l’Espagne était divisé entre la couronne de Castille et la couronne
d’Aragon. Le tirage au sort des charges politiques se diffusa largement dans cette dernière. Ce
fu sous le règne d’Alfonse d’Aragon dit le « Magnanime » que le tirage au sort fut
institutionnalisé dans les « privilèges » que le monarque reconnaissait formellement aux
municipalités. Le rituel de la procédure rassemblait beaucoup à ceux de Venise et Florence.
LES REVOLUTION MODERNES
La révolution française (1789 – 1799)
Le tirage au sort a été défendu par certains révolutionnaires (comme Condorcet) qui l’estimait un
moyen de renouveler la représentation, mais il a été rejeté par la majorité, qui voyait dans le vote
électif une garantie de compétence et de légitimité.
Les révolutions américaine et anglaise :
Aucune n’a adopté le tirage au sort, préférant la représentation élective, jugée Plus compatible
avec la souveraineté du peuple.

L’EPOQUES CONTEMPORAINES
Juris citoyens (Canada, Irlande, France, Allemagne)
Dans les années 1970 dans ces pays avec aussi les Etats Unis des jurys citoyens formés par
des petits groups de citoyens sont choisis pour donner un avis public aux autorités. Plus de 700
juris citoyens se tiennent dans le monde, surtout en Angleterre, aux Etats Unis, en Allemagne, au
Japon et en Espagne. « Ces expériences renouvellent le vieux argumentaire avancé contre le
caractère « élitiste » de la démocratie représentative et sonnent la charge contre le système
politique en vigueur selon Bernard Manin.
EN 2008 Segolène Royale commence à mettre ses propositions en pratique organisant des jurys
pour évaluer certaines des politiques publiques de la Region Poitu-Charentes.
Dans la ville d’Emsdetten en Allemagne le tirage au sort est utilisé pour convier le citoyens à des
assemblées publiques du budjet participatif qui discute des finances communales ou des
services offerts par la municipalité.
A’ Pont-de-Claix, petite ville française dans la banlieu de Grenoble, dans la mandature 2001-
2008 on applique une procédure particulière du budget participatif fondé su deux niveaux. A’
l’échelle des quartiers des comités ouverts à tous les habitants Se réunissent trimestriellement.
L’une de leurs activités principales était l’attribution de fonds (16.000 € par quartier) mis à leur
disposition par la municipalité. Les sommes étaient destinéées à permettre des petits
aménagements de proximité que les services municipaux devaient réaliser dans les quatre mois
qui suivent la décision du Comité du Quartier. A’ l’échelle de la ville un conseil consultatif
budgétaire de 50 membres se réunissait plusieurs fois par an. Il était composé de citoyens tirés
au sort sul les listes électorales (dont une quota de jeunes de moins de 25 ans) et de deux
représentants de chaque comité de Quartier. Lrs membres du conseil pouvaient demander les
informations et les documents qu’ils souhaitaient à l’administration municipale. Al’issu de
plusieurs ateliers budgétaires, réunis sur des thèmes spécifiques, ce conseil participatif,
remettait un rapport consultatif au conseil municipal et une réunion publique de discussion était
organisée.
DES ULTERIEURES EXPERIENCES
Dans la ville chinoise de Zeguo qui compte plus s’un million d’habitants, un large groupe de
citoyens tirés au sort discute des actions proposées au niveau municipal et vote à l’issue de

leurs délibérations une liste qui hiérarchise les projets discutés. Les membres du conseil
municipal assistent à cette assemblée sans pouvoir intervenir ; se réunissent ensuite et suivent
généralement dans leurs décisions les recommandations émises par les citoyens.
Un autre cas original s’est produit le 6 juin 2006 à Marousi, une ville moyenne de la banlieue
d’Athènes. Ce jour , 131 citoyens tirès au sort parmi les habitants de la commune désignèrent
par vote celui qui allait être le candidat à la mairie, du parti socialiste grec, le Pasok. Cette
primaire suis generis fut organisée par Georges Papandreu, futur Premier Ministre et à l’époque
Président de l’internationale socialiste. Selon ce leader il convenait de s’inspirer de l’expérience
d’Athènes pour répondre à la demande croissante de participation qui se manifestait à l’époque.
Les assemblées citoyennes du Canada et de l’Islande :
En 2004, dans la Colombie britannique, la troisième province du Canada par superficie, s’est
tenu une assemblée citoyenne tiré au sort pour faire une proposition de reforme du mode de
scrutin que le gouvernement s’était engagé à soumettre au referendum. Proposition rejeté
ensuite. Le scrutin uninominale majoritaire à un tour restait en vigueur.
L’exemple de l’Islande en 2009 :
Une assemblée citoyenne intitulée officiellement « Forum National » composé de 1500
personnes (1200 tirées au sort plus 300 personnalités) se réunit pour travailler aux questions qui
devrait aborder une reforme de la Constitution.
L’Islande constitue l’un des exemples les plus aboutis de révision constitutionnelle de l’histoire

démocratique avec un mélange très spécifique de tirage au sort, d’élection, de contribution on-
line et de referendum sur fond de mobilisation sociale, de participation citoyenne er de

déliberations de qualité.
LES AVANTAGES ET LES INCONVENIENTS
DU TIRAGE AU SORT
Les questions du tirage au sort occupent les théoriciens au moins depuis Aristote. Ce fut un
sujet de controverses passionnées dans les Républiques italiennes du quattrocento.
Mais si le tirage au sort apparaît comme un instrument d’égalisation et de renouvellement
démocratique dans un contexte de crise de confiance envers les élus ; à dire de certains
intellectuels il presente d’importants limites de legitimité et d’efficacité.
Barbara Goodwin, John Burnheim, David Reybrouck, Yves Sintomer, Pierre Rosanvallon sont
des intellectuels modernes qui ont relevé ses avantages et ses inconvénients qui sont
généralement admis.
Pour Barbara Godwin in « Justice by lottery » 1992 les avantages mentionnés sont les
suivants :
1 – Il est un choix qui, échappant à toute intention, empêche la corruption (sauf frode dans le
mécanisme – ce qui s’est produit souvant dans les élections par vote). Cela n’empêche que l’élu
par tirage au sort soit corruptible par la suite. Ce qui justifie la création d’un jury populaire de
circonscrition tiré au sort entre les inscrits dans les listes électorales qui a la fonction de
contrôler, évaluer, juger pendant et en fin de mandar l’action de l’élu avec la possibilité de
demander sa dimission et les comptes !
2 – Personne n’est responsable, ne peut être blâmé ou loué pour le choix.
3 – Personne ne peut tirer vanité d’avoir été choisi (et personne sauf motif justifié peut refuser le
mandat qui est considéré par loi un service obligatoire, rendu à la collectivité seulement une
fois.)

4 – Tous les candidats (abilités par un examen d’Etat à mener un mandat administratif local,
régional ou national) sont mis sur un pied d’égalité et tous ont (ou devraient avoir) les
compétences requises pour la tache à accomplir.
5– la procedure du tirage au sort est impartiale et équitable ; elle est en outre facile, rapide et
économique. Elle ne côute cher, que ce soit en énergie, en moyens matériels ou en longueur de
temps.
Barbara Goodwin relève aussi des inconvénients au tirage au sort :
1 – Le type de choix est indifférent aux besoins des personnes. Nous retenons que le besoin
impératif des personnes conscientes est celui de se libérer de cette nouvelle dictature, ce qui
demande une nouvelle forme de résistance.
2 – Il ignore les mérites aristocratiques.
3 – Il néglige la liberté individuelle et supprime la délibération. (Tant mieux)
4- Il retire la dignité aux personnes en les réduisant à n’être qu’une sorte de numéro. (combattre
une dictature donne une grande dignité aux résistants !)
5 - Il casse les élites et les traditions. (Il casse surtout les clans et leurs magouilles
traditionnelles)
6 – Il crée une égalité artificielles. (Il crée surtout la camaraderie des combattants pour la liberté).
Ces avantages et ces inconvénients résument plusieurs siècles de discussion. Tirer au sort est
en général plus égalitaire, plus impartial, et comporte des avantages indiscutables ; mettre enfin
un terme au carriérisme politique, au cumul des mandats, à la corruption, à l’abus de pouvoir, à
la contamination de la vie politique par l’argent, tous fléaux qui ont conduit à la dissolution de la
démocratie.
Le tirage au sort est un acte de civilisation car il limite fortement un instinct primaire de
l’homme :l’instinct de possession du pouvoir sur les autres et sur la nature. Cet instinct est très
fort dans une minorité de citoyens. Dans la majorité il est très faible sinon inexistant.
L’excellence humaine n’appartient pas seulement à ceux qui s’emparent du pouvoir avec la force
ou à ceux qui se font élire chef ou Présidents car plus riches, plus rusés ou plus habiles à
manipuler l’opinions des masses, mais à tout le monde. Historiquement la civilisation greque
introduise le démocratie et la civilisation romaine introduise le droit
Cet évolution positive doit continuer. Si on considère l’exercice du pouvoir comme un service
rendu à la collectivité (devoir civique), la formation politique des citoyens pour l’ exercice du
pouvoir se rend nécessaire et le Tirage au sort inevitable.
John Burnheim, philosophe australien, in « Is democracy possible ?» 1985 propose un
système politique où les citoyens ne votent plus pour des représentants. Ils délibèrent
directement, chacun dans le domaine où ils sont concernés. Toutes les fonctions de décision
sont confiés à des groupes de citoyens tirés au sort dans des domaines spécifiques.
Le belge David van Reybrouck dans « contre les élections » 2013 plaide pour une
combinaison entre tirage au sort et déliberation citoyenne. Il veut « reparer » la démocratie
représentative. Pour lui les inconvenients sont :
1 – certains citoyen pourraient refuser de s’engager à fond (obligation légale comme pour le
service militaire malheureusement abrogé en France par Chirac)
Pour Reybrouck le limite principale est la fragilité pratique et culturelle dans la société
moderne.
2 – Le tirage au sort ne garantit ni competence ni savoir politique (car il manque à notre avis
une école qui prepare le citoyen à un éducation politique à commencer de l’école primaire
(CM2) jusqu’au BAC, l’université et les grandes écoles).
3 – Si il peut bien fonctionner dans des petites communautés il est difficile à appliquer aux
grandes. (Si il était bien organisé à Venise et Florence deux grandes villes de l’époque

(environ de 50.000 à 100.000 abitant) aujourd’hui les villes de cetter grandeur sont
nombreuse en France et ailleur)
Le français Yves Sintomer, sociologue et professeu universitaire, dans « Le pouvoir au peuple’
2007 et « Petite histoire de l’expérimentation démocratique » 2011 propose une analyse
historique et comparative du tirage au sort remarquant que cette pratique, centrale à Athène,
a disparu avec la modernité électorale, mais elle revient aujourd’hui dans les démocraties
participatives (conventions citoyennes, jurys citoyens, etc .) Il considère le tirage au sort
comme un outil moderne intégrant le hasard dans les structures politiques réelles.
Pour Pierre Rosanvallons dans « Les institutions invisibles » la démocratie est un régime de
culture autant qu’un régime d’institutions .
Tous reconnaissent le tirage au sort juste ou utile mais d’acceptation sociale difficile. La majorité
des personnes croient encore dans le vote comme fondement de la légitimité démocratique. Plus
que le vote c’est le tirage au sort le fondement en tant que saut de civilisation.

2 LE PERMIS DE GESTION (PGA)
Dans le système éducatif français la matière d’enséignement concernant la préparation d’un
citoyen pour l’exercice de l’activité administrative d’une collectivité (Conseiller Municipal par
exemple) existe dans les lycées professionnels qui proposent la formation en
administration/gestion.
Nous proposons une réforme majeure de l’école qu’ introduise , à côté de l’éducation physique, une
éducation politique à partir de l’école élementaire (CM2) et l’obtention d’un Brevet PGA au Collège (15
ans)
Sans le PGA on ne devrait pas pouvoir s’inscrire au Lycée.
Au Lycée, pour obtenir le Baccalauréat, un examen d’Etat dans les matières d’enséignement qui
doivent comprendre la .gestion administrative confirme le Brevet à gerer : BAC GA !
Avec ce Bac GA on peut continuer la carrière professionnelle politique (grandes écoles, ENA
(devenue INSP – Institut National du Service Public).
L’INSP, bien que c’est le récrutement au mérite par excellence des hautes fonctionnaires, a
promus plusieurs de ces fonctionnaires d’Etat qui ont extrêmement mal geré la nation dépui 35
ans accumulant plus de 3.400 milliards de dettes publics. Sont-ils nuls ? Ils ne savent pas
gerer ?
Cette école publique est constituée au 90%
De fils de familles bourgeoises et aisées.

Commençons par la base de la pyramide à former nos fonctionnaires. Le fondateur de l’ENA
devenue INSP, Michel Débré à la Libération lui assigna des objectifs qui doivent être révus après
70 ans d’expérience. Il faudra revoir de fond en comble le statut de la fonction publique. Être
conseiller communal ou maire exige une préparation scolaire insuffisante actuellement.
Ce n’est pas principalement l’histoire, la géographie ou les mathématiques qu’on doit apprendre
à l’école de la République ! Elle doit former des citoyens habilites à exercer un mandat politique
de base, à considérer comme un service obligatoire par tirage au sort rendu une fois dans la vie,
comme le service militaire d’antan et comme exercice permanente de démocratie.
Le système éducatif français prévoit 8 ans de scolarité primaire, 7 de scolarité secondaire et de
2 à 11 ans de scolarité supérieure. Le ministère de l’Education Nationale doit prévoir dans
l’enséignement secondaire l’obligation d’examen pour obtenir un permis d’administration de
Collectivité territoriale. Chaque Mairie tirera au sort ses conseilleurs municipaux en nombre

suffisant entre les étudiants de la ville en possession de ce permis. Le service obligatoire sera
l’équivalent du service obligatoire dans l’armée, qui a été malheureusement supprimé. Une
commission ad hoc pourra le suspendre si des motifs le justifieront. Ce service sera un service
civil rendu à la collectivité et sera donné une seul fois dans la vie. Une loi pour l’élu garantira sa
rémunération à charge de l’Etat. Si le candidat désigné le décide il pourra faire un cycle ultérieur
d’études de 3 ou 4 ans pour pouvoir être candidat au tirage au sort pour devenir Maire .
Une nouvelle loi éléctorale
Approuvée par referendum citoyen
Elle devra prévoir la création d’une Commission Electorale Communale composée par tirage au
sort dans chaque quartier de la ville de deux citoyens inscrits dans la liste électorale communale.
Cette commission sera instituée un mois avant les élections communales et aurait la fonction
de :
A) Effectuer un tirage au sort des candidats à exercer la fonction de conseiller municipal dans
un liste de citoyens (âge minimale 23 ans) en possession d’un BAC GA ou équivalent
Les candidats aux élections municipales, si élus par tirage au sort devront exercer
obligatoirement le mandat (sauf cas de force majeure) pour le temps prévu par la loi
nationale. A l’instar de l’ancien service militaire le mandat sera effectué une seule fois dans
la vie et ne prévoit pas le cumul de mandats.
B) La vérification des conditions nécessaires pour apparaître (âge, niveau d’études,
disponibilité, etc.) dans la liste des candidats au tirage au sort.
C) Le tirage au sort du Maire, en excluant la majorité, source de conflits et de magouilles
politiciennes. Exclusion de cumul de mandats et possibilité d’exercer un second mandat en
absence de candidats volontaires déclarés.
D) Les candidats volontaires à la fonction du Maire devront présenter à la Commission
Electorale leur projet ou programme chiffré indiquant les coûts qu’il comporte. La
commission pourra accepter ou refuser la candidature après avoir jugé selon les critères de
faisibilité (legale) et la compatibilité avec les finances communales. Le vote d’acceptation ou
de refus sera à la majorité qualifiée de 2/3.
La politique n’est pas la politique d’un seul citoyen (le cas actuel où un Maire est de fait
comme un petit monarque). La politique doit appartenir à tous les citoyens. Elle n’est pas la
politique d’une personne qui sait parler mieux que les autres ou qui est plus rusé ou plus
riche. Elle n’est pas non plus une savane avec la bête la plus forte qui dévore la plus faible.
Mais on espère qu’elle puisse devenir un jardin bien entretenu où poussent l’arbre de la
sagesse et celui de la tolérance. Vision idyllique qui ne correspond pas à la réalité. On le
sait. La politique n’est pas un jeu pour jeunes filles en fleur. Comme Max Weber soutien
dans « Economie et société » elle est violence et domination. Weber définit explicitement la
politique comme un domaine où règne la lutte entre des puissances antagonistes et où se
cristallisent des rapports de domination ; le recours à la violence est toujours possible. Loin
de pouvoir échapper aux rapports de domination, la démocratie selon lui ne serait qu’une
modalité particulière de la domination. La racine du pouvoir est la violence qui est
consubstantielle au champ politique. L’os du pouvoir est disputé par une meute de chiens
enrages . Le plus méchant s’en accapare. C’est pour cela que l’introduction du tirage au sort
en politique est le correctif nécessaire pour réduire cette lutte à un degré minime. La
démocratie est susceptible d’être pensée au-delà de la domination !
Le pouvoir politique est un service rendu à la collectivité, un service qu’on ne peut pas
réfuser mais il faut être prépares à l’exercer pour une période limitée. La drogue du pouvoir
doit être diluée dans le temps pour ne pas intoxiquer. L’histoire montre plusieurs
exemples de rois devenus fou.

3 LA CONVOCATION D’UNE NOUVELLE
ASSEMBLEE CONSTITUANTE

Après juillet 2024, la nouvelle Assemblée Nationale (le Parlement) traverse un période
qualifié par certains de « blocage institutionnel ». Aucune majorité se dégage sans recourir à
l’article 49-3. Quelle solution pourrait permettre de reinstaller notre démocratie et la rendre à
nouveau fonctionnelle ? Le blocage n’est pas circonstanciel mais structurel. La rédation
d’une nouvelle Constitution se rend nécesaire. Mais le problème est « Qui la redige ? Le
politologue français Clement Victorovitch propose le tirage au sort des membres d’une
nouvelle assemblée constituante. Il soutien justement que la Ve R épublique a fait son
temps et appelle à une refondation institutionnelle : une nouvelle constitution portée par une
assemblée constituante pour redéfinir les institutions de la République et les règles de
comportement des différents pouvoirs. Les idées de constitution et de fonctionnement de
cette Assemblée Constituante ne manquent pas. Le professeur de lycée Etienne Chouard
nous indique celles que nous jugeons fondamentales : Le peuple doit écrire lui-même la
constitution. Le citoyens ne sont pas faits pour obéir à des règles écrites par leurs maîtres.
Il estime que une Constitution écrite par des professionnels du pouvoir (élus, partis, expert
proches du pouvoir) ne protège pas les citoyens. La Constitution doit être écrite par des
citoyens ordinaires, tirès au sort non élus car elle doit servir à limiter les pouvoirs et non à
les renforcer. Dans sa pensée, une Constitution est un outil de protection du peuple contre
les abus des gouvernants !
Chouard défend l’idée du tirage au sort pour la désignation des constituants.
Car le tirage au sort évite l’oligarchie des partis et des professionnels de la politique ; il
garantit une assemblée diverse, représentative de toutes les classes sociales ; il empêche
la captation du pouvoir par des élites ou des lobbies. L’élection, selon lui, « fabrique
mécaniquement une aristocratie » et il propose un grand échantillon de citoyens tirès au sort
(300-1000), des mandats courts et non renouvelables, une indépendance vis-à-vis des
partis politiques. Chouard insiste fortement sur un point : les élus ne doivent pas écrire la
Constitution !
Pour lui les gouvernants sont en conflit d’intérêt pour écrire les règles qui les limiteront ; une
véritable Constitution doit être extérieure au gouvernement, au parlement et aux partis.
Les constituants ne doivent pas être candidats aux futures élections.
Chouard insiste que la Constitution doit : permettre avec le contrôle et la revocation des
élus ;
Garantir des reférendum d’initiative citoyenne en toutes matières ; prévoir de fortes
séparation des pouvoirs ; empêcher les élus de devenir une caste. Selon lui l’absence de
contrôle du peuple est ce qui rend la démocratie représentative « oligarchique »
Selon nous le but de cette Assemblée n’est pas d’améliorer la démocratie représentative
mais de libérer le peuple et le remettre au centre du pouvoir constituant. Cest sa
souveraineté qui est en jeu.

Partie 3ème

LE CERCLE CULTUREL REPUBLICAIN

En 1932 sur un numéro spécial de la revue NRF (Nouvelle République Française) qui avait
comme thème « La crise de la civilisation », un certain nombre d’intellectuels de sensibilité

diverses (libéraux, catholiques, non conformistes et journalistes) analysaient l’effondrement
de la société occidentale libérale et bourgeoise après la grande guerre et la crise
économique du 1929. Des écrivains de gauche et de droite formulaient le même
diagnostique sevère de la société moderne.
Nous nous sommes inspiré de ce groupe d’intellectuels non conformistes dont les plus
percutants sont Charbonneau, Denis de Rougemont, Jean de Fabregues, Thierry Maulnier
et Emanuel Mounier. Ils cherchaient une « troisième voie » entre libéralisme démocratique
et les régimes totalitaires. Ils estimaient que la démocratie parlementaire, telle qu’elle
existait à l’époque, ne suffisait pas à incarner un ordre spirituel ou moral profond. Ils
voulaient, surtout Fabrègue, un ordre politique plus complet intégrant la dimension humaine
et spirituelle. Quand on relit aujourd’hui leurs écrits, on est stupefaits de leur modernité.
Leur mouvement intellectuel emerge entre 1930 et 1934.
Leur réflexion s’est developpée dans le cadre d’une problematique qu’on pourrait appeler
« problematique de civilisation ». Un trait commun à tous ces intellectuels étant en effet le
sentiment que ce qu’ils vivaient était une « crise de civilisation » c’est-à-dire une CRISE
TOTALE, qui mettait en cause tous les aspects de l’existence humaine concernant les
rapports de l’homme avec son environnement social ou naturel (Charbonneau) que les
rapports de l’homme avec lui-même et avec sa destinée (Maulnier – Mounier). Cette
problematique générale se resumait d’abord par une attitude extrêmement critique à l’égard
de la société libérale de l’époque ; critique de la démocratie de masse, du parlementarisme,
du régime des partis et dans ses formes économiques, la critique du capitalisme, du « regne
de l’argent ». Au-delà des structures politiques, économiques et sociales, leur critique se
voulait aussi morale et spirituelle (De Fabrègue -Maulnier) mettant en cause une orientation
de la modernité caracterisé, selon eux, par un « rationalisme », un « productivisme », un
« matérialisme » de plus en plus étuffants, qui condannait l’homme (nous y sommes) à une
sorte de mutilation par le haut et par le bas, en le réduisant à un individu purement abstrait
amputé aussi bien de ses racines charnelles que de sa personnalité spirituelle.
Pour remédier à cette crise de civilisation, ils se déclaraient « revolutionnaires » refusant les
solutions antagonistes, ironiquement appelés « ninisme » (ni droite ni gauche, ni comunisme
ni capitalisme, ni étatisme ni anarchisme, ni individualisme ni collectivisme, ni idealisme ni
materialisme)
Nous nous inspirons à eux mais voulons proceder par une resistance culturelle à cette
dictature soft deshumanisante. La vie politique locale peut se renouveler avec des petites
communautés : les cercles culturels républicain de quartier .
En tant que citoyens résistants à cette nouvelle dictature nous estimons que l’objectif est
devenu celui de reconstruire la démocratie « par le bas » : lien social, égalité vécue,
dialogue, reconnaissance des qualités et compétences. Organiser « in nuce » le pouvoir ,
les règles du jeu.
Ce que ni le Gouvernement, ni les tribunaux, ni les élections, ni la Constitution sont en
mesure de réaliser. C’est-à-dire créer des cellules sociales fondées sur la confiance entre
les résistants, le respect, la civilité, la reconnaissance mutuelle, le sentiment d’égalité, la
responsabilité civique. Nous sommes d’accord avec Rosanvallon qui affirme que « la
démocratie est un régime de culture autant qu’un régime d’institutions »
Sans ces cellules la démocratie ne peut pas fonctionner. Redonner du sens à l’idée de vivre
ensemble comme citoyens, téoriquement et pratiquement est un devoir des intellectuels. Le
Cercle culturel qu’on pourra appeler aussi CENTRE CULTUREL REPUBLICAIN veut
représenter un développement de la culture politique démocratique. Il faut rompre la
dynamique de l’assujetissement par une dynamique de la citoyenneté qui mène à un vouloir
vivre ensemble. Le Cercle met en jeu des opinions sur la gestion de la collectivité qui se
forment, s’éduquent et se modifient ; c’est une
organisation

qui veut constituer une communauté de citoyens éclairés et conscient de leurs droits et
devoirs qui se réunissent et s’interrogent sur le monde dans lequel nous vivons. DES
CITOYENS QUI PARTAGENT LES IDEES EXPRIMEES DANS CE MANIFESTE. Une
association locale qui veut s’encrer durablement dans le tissu urbain, totalement contraire à
l’intégrisme démocratique qu’exprimait en 2016 le mouvement « Nuits Debut » : des gens
qui ne toléraient pas la contradiction, prétendant de rénover la démocratie.
Personne jouera le rôle de leader, de celui qui tente d’influencer les autres pour le
rapprocher des propres conceptions. Le Cercle évitera le débat qui exclue la recherche de
la vérité par la connaissance historique. C’est cette connaissance qui permet d’individuer les
valeurs de notre civilisation. La logique de l’individualisme qui règne à notre époque ne
fera pas partie de l’esprit de recherche du Cercle Républicain .
Dans ces cellules la supériorité sophistique de quelqu’un ne devrait pas favoriser une
autorité charismatique qui finit inexorablement pour flirter avec la démagogie et pour casser
les mécanismes de conviction basés l’argumentation : La démocratie n’est pas comme
affirme Weber, une activité reposant fondamentalement sur l’activité de chefs
charismatiques. Dans le Cercle la démocratie est un affaire de tous. Le Cercle culturel est
républicain

NATURE DE CETTE NOUVELLE STRUCTURE

Le Cercle Républicain sera un groupe de cytoiens éveillés qui refusent de subir l’actuelle
dictature soft de ce régime et sont désireux de contribuer au remplacement (non à
l’élimination) des actuelles structures politiques (sections des partis politiques existants,
comités de quartier et autres) qui ne repondent plus aux exigences de participation réelle à
la vie politique et sociale des citoyens mais sont devenues des lieux où on perd
énormement du temps en d’interminables querelles ideologiques et en réunions où
l’essentiel de l’énergie des militants est gaspillée en vaines diatribes et en petits et
médiocres enjeux de pouvoir entre ego surdimensionnés. Les désaccords politiques, les
conflits d’ambitions souvent haineux. Les divergences culturelles prennent largement le
dessus sur le débats d’idées. Plus que ailleur le verbe est l’arme absolue.
Toutes les actuelles organisations politiques ont rendu plus profonde la crise du système
politique et en aucune d’elles la démocratie est opérante, sauf dans les déclarations de ses
leaders et dans les textes statutaires. La demande d’une offre politique nouvelle est
énorme ! Les partis politiques sont devenus un vrai obstacle à la démocratie (relire Simone
Weil dans « Notes sur la suppression générale des partis politiques » Londres 1940. Selon
elle les partis sont considérés comme source de mensonge. Mensonge institutionnel. Le
langage des partis est biaisé, orienté, incapable de sincerité. Pour Weil un parti ne peut pas
dire la verité si celle-ci nuit à ses intérêts électoraux. Le but réel des partis n’est pas le bien
public ; leur objectif unique : augmenter leur pouvoir, leur influence, leur nombre
d’adhérents. Cela entraîne dans la société une corruption générale du discours public.
Le Cercle Républicain favorisera les rélations humaines, sociales, amicales dans le quartier
d’une ville en vu de la reconstitution d’un tissu social essentiel pour lutter contre la fragilité
de notre société et contre la solitude de l’individu privé de relations et coupé du monde ou
dépendant des associations caritatives ( la fraternité du drapeau français devra pouvoir
devenir opérante). Le Cercle pourra devenir une petite forge dans laquelle on élabore des
projets, on approfondit des idées exprimées par un ou plusieurs participants. Il s’approprie
la culture. Il prend position sur de faits divers. Le Cercle ne limite pas son activité à la
dimension politique, laquelle, en tous cas, est la matrice de son existence, mais s’étend à la

dimension culturelle et personnelle du citoyen. Par conséquence il favori le développement
et le débat sur des thèmes et des activités qui vont au-delà de la politique comme par
exemple l’art, l’économie, la littérature, la philosophie, le cinéma, la tradition culinaire, le
problème des enfants et de leur scolarité, etc.
Seront organisé des visites au musés, des participations à des cinéforum.
Les structures politiques actuelles sont désormais presque vides (mais alimentées avec
des étrangers) comme les Eglises. Elles sont obsolètes, révolues et ne représentent plus un
vrai pluralisme mais un uniformisme de soutien. Elles ont été transformées en outils de
manipulation culturelle qui ne créent pas des vrai liaisons sociales.

1- LA DIMENSION DU CERCLE REPUBLICAIN

Le Cercle Républicain sera composé par un numéro maximum de 10 personnes afin de
permettre soit la meilleure connaissance de ses participants, soit la contribution de tous aux
débats et discussions, soit la convivialité, caractère chalereux des réunions et des repas ou
apero pris en commun, pratique qui permet l’éclosion de nouvelles amitiés et la solidarité entre
les membres d’un groupe. La dimension réduite du Cercle pour permettre à tous ce qui
veulent d’exprimer leurs idées. La structure type « Université populaire » avec 1000 ou plus
participants qui écoutent un philosophe tel Michel Onfray, ne permet pas un réel debat mais
souvent il s’agît de voyeurisme intellectuel des épigones de la gauche 68 en cherche d’un
nouveau maître.
Dans cette structure il y aura place pour des personnes très instruites comme des simples
ouvriers. Tout le monde sera pris en considération car le respect et la considération de chaque
personne sont des valeurd propres à une organisation démocratique. L’adhésion au cercle
sera effectué avec le système du parrainage.
2- Qui et comment exercera le pouvoir et quel type de pouvoir.
Nous distinguons quattre types de pouvoir : associatif, normatif, valutatif, intellectif. Quatre type
de personnalité. Celle de ceux qui gardent ensemble un groupe, ceux qui aiment établir de
normes de comportement, ceux qui pour la plus part calculent et ceux qui sont porté à la
spéculation. En gros.
Le pouvoir sera un pouvoir de proposition de thèmes à débattre, de textes en discussion et
sur lesquels travailler, sur de recherches à effectuer sur un certain argument ou problème et
ce pouvoir sera exercé par un Animateur choisi par tirage au sort entre ceux qui se rendent

disponibles et il sera en charge pour une période maximum de 12 mois. Les décisions
concernant les positions politiques ou culturelles vis-à-vis de l’extérieur, si demandées, seront
prises à la majorité qualifiée (7/10). L’unanimité sera toujours recherchée.
4 – Quand le Cercle se reunira-t-il
Une ou deux fois par mois et plus si décidé dans une réunion ou sur demande de
l’Animateur. L’ordre du jour sera fixé par l’Animateur ou proposé par un participant et
approuve par le groupe et l’Animateur. Il sera communiqué à l’avance sur un site internet.
Toute documentation utile à la discussion sera fournie en ligne. L’horaire des réunions

pourra être fixé à 19 heure 30 et terminer en général vers 22 heures pendant un casse-
croûte type auberge espagnol. Donc convivialité et discussions sur la gestion et les

problèmes de la ville, du quartier, sur la politique nationale et internationale, sur l’art, la
culture et sur le thème proposé par l’animateur. Les débats pourront se faire en plusieurs
réunions.

5 – Où sera implanté le Cercle
Dans chaque quartier de la ville et sur internet aussi

6 – Quelque objectif du Cercle
Fortifier et exciter chez les citoyens l’aptitude intellectuelle à la critique (constructive) et au
contrôle.
Etudier les mecanismes de formation du pouvoir politique.
Recherche et analyse de la mécanique du pouvoir d’un individu sur les autres, et des effets
de cette drogue sur la personnalité des élus à la Présidence
Recherches sur les différents types de pouvoir exprimés par les grands personnages
historiques.
Critique d’un instrument culturel : la télé. Mérites et méfaits
Autres thèmes à établir.
L’organisation que le Cercle exprime est indispensable à la vie sociale de la collectivité. Le
problème, comme le remarque Robert Michel dans « Les partis politiques » Paris 1971,
consiste à trouver un moyen de réduire au minimum le principal défaut possible inhérent à
une organisation, c’est-à-dire la domination de la majorité par une minorité et par les
démagogues charismatiques. C’est pour ce motif qu’on introduit même dans le Cercle
Culturel Républicain le tirage au sort d’un Animateur.
7 – L’independence financière du Cecle
Chaque Cercle pourra disposer d’une
Cagnotte gerée par un trsorier. Elle
Sera constituée par le versement d’une
Somme d’arent laissée au libre choix
Des participants

CONCLUSIONS

Celle que nous définissons comme « dictature moderne » est une thèse qu’on devrait
ultérieurement approfondir et développer. Thèse à laquelle on peut adhérer ou rejeter. Il ne s’agît
pas de fiction politique mais d’utopie raisonnable et praticable. Il est certain que le clan politique
au pouvoir ne peut que refuser totalement cette thèse car elle met en jeu leur mode de
fonctionner et leurs privilèges.
Ce qui est certain est le fait irrécusable que la démocratie représentative des collectivités
territoriales en France, comme ailleurs en Europe, est désormais dans une situation
écoeurante. Une situation qui demande une subversion de valeurs pour passer progressivement
de l’individuel au collectif. Il faut principalement former des militants. Les CERCLES
REPUBLICAINS peuvent représenter ces lieux de formation.

 

 

 

Nous avons besoin de votre consentement pour charger les traductions

Nous utilisons un service tiers pour traduire le contenu du site web qui peut collecter des données sur votre activité. Veuillez consulter les détails dans la politique de confidentialité et accepter le service pour voir les traductions.